Après les Dolomites en Italie et l’Espagne cet été, c’est dans un autre pays du sud de l’Europe que je me suis envolée à l’automne en famille : le Portugal. Pendant deux semaines, nous avons réalisé un road trip de Porto à Lisbonne avec au menu certains des immanquables du Portugal et des lieux plus confidentiels. Après les conseils pratiques pour préparer son voyage au Portugal, place à notre itinéraire détaillé pour visiter le Portugal hors saison.

Jour 1 à 3 | Porto, pour débuter un road trip au Portugal en beauté

Les premières heures dans un pays que l’on ne connait pas sont parfois déterminantes quant au ressenti sur le reste du voyage. Notre road trip au Portugal nous a fait atterrir à Porto et c’est donc avec une grande excitation que l’on a découvert Porto, la grande ville du nord du Portugal pour la première étape de notre voyage. Après avoir arpenté ses ruelles pentues, foulé le superbe pont Dom-Luís, mangé une bonne dizaine de pasteis de nata (et assisté à leur fabrication), photographié les fameux azulejos qui font la renommée de ses églises, admiré au coucher du soleil sur les immeubles multicolores du quai de la Ribeira, Porto nous a sincèrement séduits. On ne s’attendait tout simplement pas à l’aimer autant, sans doute parce qu’elle est bien moins mise en avant que sa consœur Lisbonne (et c’est tant mieux comme ça) et qu’on ne savait pas à quoi s’attendre. Bref pour notre toute première fois au Portugal, je crois que nous n’aurions pas pu rêvé pareille entrée en matière pour nous imprégner des charmes du pays.

 

Jour 5 | Vallée du Douro, deuxième étape flamboyante d’un road trip au Portugal

Nous quittons Porto avec un petit pincement au cœur tout en étant impatients de poursuivre notre road trip au Portugal qui nous conduira jusqu’à Lisbonne. La chance nous sourit de nouveau car la météo est toujours au beau fixe. Après avoir récupéré notre voiture de location à l’aéroport de Porto, nous mettons le cap à l’est en direction de la vallée du Douro via l’autoroute A4. Le paysage change radicalement et devient plus vallonné et verdoyant. Il existe plusieurs itinéraires pour visiter la vallée du Douro, ce vignoble façonné par la main de l’homme pendant trois siècles et classé au patrimoine de l’UNESCO, dont la traversée du fleuve en bateau. Au mois de novembre, les températures ne sont pas très propices à une croisière mais un circuit en voiture s’y prête parfaitement, d’autant plus que les routes sont quasiment désertes à cette période de l’année. En été, n’hésitez pas à réserver une excursion d’une journée pour découvrir le Douro en bateau avec déjeuner portugais et dégustation de porto. Le départ de cette activité se fait depuis Porto, ce qui est parfait si vous souhaitez avoir un aperçu de cette jolie vallée en une journée. Si vous êtes plus intéressé par l’œnologie, vous pouvez par exemple tester la visite de 3 vignobles incluant le repas et la dégustation de différents vins.

Nous faisons d’abord un premier arrêt dans le village d’Amarante réputé pour son joli pont en granit du XVIIIème siècle avant de nous enfoncer véritablement dans la vallée du Douro et rejoindre Sabrosa, la ville natale de Magellan. Les vendanges sont passées depuis belle lurette mais la route qui surplombe les vignes flamboyantes parées de rouge et d’or est superbe. On a bien fait de réalisé ce road trip au Portugal en automne ! L’inconvénient est que le soleil se couche tôt, du coup nous ne traînons pas trop et filons à Pinhão, un beau village situé sur les rives du Douro d’où partaient autrefois les barques chargées de vin pour Vila Nova de Gaia, sur la rive opposée de Porto. On est ici justement loin de Porto et des grandes villes, et pourtant on retrouve des azulejos sur les façades de la petite gare. Les mosaïques jaunes et bleues retracent l’histoire de la culture vinicole de la région en 24 tableaux. Notre logement pour la nuit se trouve à Peso da Régua, alors nous reprenons la route longeant le fleuve Douro à mesure que le jour décline.

Jour 6 | Les Beiras, une région méconnue du Portugal

Aujourd’hui pas mal de route nous attend mais avant de partir vers le sud, nous effectuons un petit détour par Galafura et son Miradouro de Sao Leonardo, un point de vue offrant une vue à couper le souffle sur toute la vallée du Douro en contre-bas. On y accède par une route en lacets en 30 minutes depuis Peso da Régua, soit minimum une heure de route aller-retour mais la vue est tellement spectaculaire que l’on oublie vite ce détail !

De retour sur Peso da Régua, nous n’avons que 20 minutes à rouler pour rejoindre la prochaine étape de la journée : le Sanctuaire de Notre-Dame des Remèdes de Lamego. De style baroque, le sanctuaire est célèbre pour son escalier à double volée constitué de 617 marches entourées de pinacles qui conduisent à l’église du XVIIIème siècle. L’ensemble est joli mais nous avons été un peu déçus car les azulejos ne se détachent pas clairement depuis le bas de l’escalier et la perspective est moins impressionnante en réalité que sur les photos. Il existe un sanctuaire similaire à Braga qui semble plus grandiose que celui de Lamego, si vous le connaissez n’hésitez pas à nous dire comment vous l’avez trouvé dans les commentaires 🙂

La matinée est déjà bien entamée lorsque nous reprenons la route sous une pluie battante en direction de la forêt nationale de Buçaco (Mata do Buçaco) dans la région des Beiras, au centre du Portugal. Accolée à la ville thermale de Luso, la forêt de Buçaco est réputée pour son immense bois où cohabitent plus de 700 espèces végétales dont une majorité de chênes et châtaigniers. Mais Buçaco abrite aussi plusieurs édifices romantiques comme le Palace Hotel construit par le même architecte qui a imaginé la Quinta da Regaleira de Sintra et dans lequel il est possible de passer la nuit. Hélas nous ne verrons presque rien de la forêt de Buçaco car l’accès est fermé suite aux dégâts causés par la tempête Leslie un mois plus tôt… On se console comme on peut en admirant les belles demeures de Luso avant de partir pour Coimbra où nous allons passer la nuit dans le centre-ville.

Jour 7 | Coimbra et Nazaré

Aujourd’hui nous avons prévu de visiter Coimbra, la « Cité des arts et des lettres du pays » puis de découvrir le monastère de Batalha l’après-midi. Or depuis quelques jours nous scrutons les prévisions météo pour savoir si les vagues géantes de Nazaré ont fait leur apparition ou non, auquel cas nous dévirons de notre itinéraire initial pour y faire un crochet. Il semble que la chance nous sourisse puisqu’une compétition de surf a justement lieu à Nazaré, signe que les vagues sont très puissantes. Du coup, cela bouleverse un peu nos plans et à la place de Batalha c’est à Nazaré que nous irons l’après-midi.

Nous commençons donc notre journée par la visite de l’Université de Coimbra, l’une des plus vieilles universités d’Europe et unique faculté du Portugal jusqu’en 1911. La Vieille université se situe dans la ville haute de Coimbra (a Alta) et les bâtiments sont répartis sur plusieurs sites. La visite nous mène tout d’abord à la superbe bibliothèque Joanina de 1724 où sont rangés plus de 30000 livres sur deux étages (photos interdites). Puis nous enchaînons sur les salles principales de l’université avec notamment la salle des Actes et la salle de l’Examen Privé. Le prix du billet d’entrée comprend également l’accès au Musée des Sciences, un petit muséum d’histoire naturelle où sont entreposées de vieilles mais fascinantes collections comme celles des instruments scientifiques et des animaux empaillés. Réservez dès à présent votre ticket pour l’Université de Coimbra pour éviter de perdre du temps sur place. 

Le temps est toujours aussi maussade mais c’est plutôt de bonne augure pour observer les vagues de Nazaré qui ne se forment que lorsqu’il y a une tempête… Le phénomène des vagues géantes de Nazaré est un événement attendu par la communauté des surfeurs mais aussi par les curieux venus de toute l’Europe, aussi lorsque nous arrivons dans la station balnéaire la circulation est fortement ralentie. On se croirait presque sur le périphérique parisien aux heures de pointe ! Il faut dire que tout le monde se rue au même endroit : le promontoire du Sítio qui domine toute la baie de Nazaré, et la Praia do Norte à quelques mètres plus au nord, le lieu parfait pour observer les surfeurs à l’oeuvre.

Le temps est de plus en plus couvert et l’après-midi déjà bien entamée lorsque par miracle nous parvenons à trouver enfin une place de parking. Nous suivons le flot des badauds qui convergent vers le phare de la Praia do Norte et parvenons tant bien que mal à trouver un spot au milieu de la foule pour admirer le flot des rouleaux qui déferlent dans un rugissement tonitruant. Quelques surfeurs téméraires osent affronter les vagues sous les acclamations du public mais bientôt les organisateurs mettent fin à la journée de compétition.

Heureux d’avoir pu assister à un tel spectacle, nous reprenons la route vers l’intérieur du Portugal où nos hôtes du soir nous attendent à Porto de Mós, aux portes du parc naturel de la Serra de Aires e Candeeiros, dans la région Centre du Portugal.

Jour 8 | Batalha et Óbidos, pour un voyage au Portugal axé culture

Nous quittons Porto de Mós en milieu de matinée pour visiter le monastère de Batalha, qui ne se trouve qu’à 10 minutes de route de notre logement. Le monastère de Batalha fait partie des trois édifices religieux du centre du Portugal inscrits à l’UNESCO, avec le Couvent du Christ de Tomar et le monastère d’Alcobaça. Nous n’avions pas envie de tous les visiter alors notre choix s’est porté sur celui de Batalha, réputé pour son cloître aux colonnettes ciselées et sa chapelle inachevée, un lieu au nom intrigant… Le monastère de Batalha est une véritable dentelle de pierre qui fait déjà forte impression depuis la route avec ses pinacles qui se distinguent de loin. Sa majesté m’a tout de suite rappelé le monastère de Guadalupe en Estrémadure espagnole. En ce mois de novembre, il y a très peu de monde sur la place centrale de Batalha, ce qui change de la cohue de la veille à Nazaré. Autre point appréciable : nous n’avons aucun mal à nous garer gratuitement à proximité de ce site touristique, quelque chose d’inconcevable en France.

Chef d’oeuvre de l’art gothique et manuélin, le monastère de Batalha a été édifié au XVème siècle pour célébrer la victoire des Portugais sur les Espagnols lors de la bataille d’Aljubarrota en 1385 (batalha signifie bataille en portugais). L’église est libre d’accès mais l’accès aux salles les plus intéressantes est payant. La visite commence par la petite Chapelle du fondateur où reposent le roi Jean 1er et sa femme sous une immense coupole étoile, majestueuse. On continue la découverte du monastère avec le très beau cloître royal et la Salle capitulaire dans laquelle deux militaires gardent en permanence la tombe du soldat inconnu, avant de terminer par la surprenante Chapelle inachevée. Les Capelas Imperfeitas abritent sept chapelles, des alcôves, séparées par les piliers inachevés laissant la rotonde octogonale à ciel ouvert. L’ouvrage n’a jamais été achevé car le roi Jean III a préféré se consacrer à l’édification du monastère des Hiéronymites de Bélem, à côté de Lisbonne.

Au menu de notre programme 100% « vieilles pierres » cet après-midi, Óbidos, un village médiéval considéré comme l’un des plus jolis villages du Portugal. Óbidos est célèbre pour ses ruelles pavées et ses maisons blanchies à la chaux, entourées d’une muraille et d’un château-fort transformé en pousada. La configuration du village et son architecture m’a tout de suite fait penser aux petits villages d’Estrémadure que j’avais visités cet été avec Xavier.

Le village est assez touristique car il est inclus dans le circuit des tour-opérateurs. Certes on a croisé pas mal de monde et des groupes dans la Rua Direita, la rue principale mais rien de bien méchant. Dans les rues alentours en revanche, pas un chat ! Et sur le chemin de ronde des remparts maures, nous étions presque seuls. En résumé comme partout, la foule diminue à mesure que l’on s’éloigne de l’artère principale et des boutiques à touristes. J’avais lu sur certains sites que pour être tranquille à Óbidos et profiter des charmes du village, l’idéal est d’y passer la nuit. En toute sincérité je ne vous le conseille pas, en tout cas hors-saison, car le village est assez petit et on en a vite fait le tour.

Jour 9 | Sintra, au pays des contes de fée portugais

Sintra est une étape de ce road trip au Portugal que nous attendions avec impatience et nous n’avons pas été déçus. Les monuments de Sintra sont éparses et relativement longs à visiter, aussi nous avons du faire des choix car il est impossible de tout voir en une journée. Le parc de Pena a constitué notre première visite du jour, et grâce à notre logement très bien situé à Sintra, nous avons pu être à l’ouverture des portes à 10 heures et y passer toute la matinée avant d’enchaîner sur la Quinta da Regaleira l’après-midi. Nous reviendrons plus en détails sur Sintra dans un futur article avec nos conseils pratiques, notamment concernant l’accès en voiture qui relève du chemin de croix. En attendant vous pouvez d’ores et déjà gagner du temps en réservant vos entrées  coupe-file pour le palais et les jardins de Pena et/ou le château des Maures.

Jour 10 | Le parc naturel de Sintra Cascais, le meilleure de la côte atlantique du Portugal

Après une journée bien chargée la veille, nous sommes heureux de retrouver l’océan et de partir explorer la côte sauvage du centre du Portugal. Il s’agit de notre dernière escapade nature avant de retrouver la grande ville et Lisbonne le soir-même. Une partie de cette côte est protégée au sein du parc naturel de Sintra Cascais et traverse la serra de Sintra jusqu’à la Riviera portugaise et Cabo da Roca, le point le plus occidental du continent européen. En plus de respirer le bon air iodé de l’Atlantique, la 7ème étape de notre road trip au Portugal nous a permis de découvrir les jolis villages blancs du littoral comme Azenhas do Mar, juché sur une falaise découpée, et surtout la magnifique plage de l’ours (Praia da Ursa) avec ses rochers géants qui m’évoquent les plages sauvages de l’Oregon. Décidément le Portugal regorge de sites naturels exceptionnels ! Pour en savoir plus sur cette journée, n’hésitez pas à consulter notre article dédié au parc naturel de Sintra Cascais.

Jour 11 à 13 | Lisbonne

Après avoir visité Porto au début de ce road trip de 2 semaines et être totalement tombés sous le charme, Lisbonne nous a fait moins d’effet. La faute sans doute à un temps médiocre la première journée et au tourisme de masse qui se fraie lentement un chemin dans les allées de l’Alfama, un quartier pourtant réputé comme le plus authentique de la capitale du Portugal. Heureusement nous avons révisé notre jugement les jours suivants grâce aux beautés architecturales de Bélem et à l’animation d’endroits branchés comme le marché Time Out et le temple du street art de LX Factory dont les oeuvres n’ont rien à envier au quartier de Wynwood à Miami.

Jour 14 | Evora

Pour notre avant dernier jour de road trip de deux semaines au Portugal, nous avions prévu de randonner dans le parc naturel de l’Arrábida dont la ville principale est Setúbal, à une heure au sud de Lisbonne. Etant donné que la météo était trop mauvaise, nous avons fait une croix sur cette étape à regret et sommes partis directement à Évora, l’une des plus belles villes du Portugal. Évora est située en Alentejo, une région agricole aux paysages arides où l’on produit de l’huile d’olive, du liège et du vin. La ville est surtout connue pour son patrimoine culturel et historique qui lui a valu un classement à l’UNESCO en 1986. Personnellement, je n’ai pas compris cette inscription au patrimoine mondial : la ville est agréable mais mis à part la Chapelle des Os, les autres monuments n’ont rien d’exceptionnels. Beaucoup sont payants, même les simples églises, et comme pour l’Alfama de Lisbonne j’ai eu la sensation que le touriste n’était qu’une manne financière car les prix ont explosé en quelques années. Il faut compter 1h30 de route pour venir à Evora depuis Lisbonne mais si nous avions su nous n’aurions pas fait le déplacement. A mon sens, le plus intéressant est de réserver une excursion au départ de Lisbonne permettant de découvrir Evora et de visiter le plus grand site mégalithique de toute la péninsule ibérique. D’un côté vous n’aurez pas à conduire 3 heures aller-retour et de l’autre, vous pourrez accéder aux dolmens sans stress car la route caillouteuse qui y mène est interdite avec une voiture de location.

La Chapelle des Os (Capela dos Ossos) de l’Église de Saint-François a été notre (seul) coup de cœur d’Évora. Il s’agit d’un ossuaire vieux de 500 ans où reposent les squelettes de 5000 personnes. Les os « décorent » les murs et les piliers de la chapelle dans un ensemble visuellement impressionnant et effrayant. Les paroles inscrites sur le fronton de la porte d’entrée préviennent d’ailleurs : « Nous, les os ici présents, attendons que les vôtres nous rejoignent ». Glaçant.

Après cette journée décevante, nous rejoignons l’appartement que nous avons loué dans le centre historique d’Évora avant de repartir le lendemain matin en direction de l’aéroport de Porto. La boucle est bouclée, nous terminons définitivement notre road trip au Portugal de deux semaines !


Nous espérons que cet article vous sera utile pour préparer votre road trip au Portugal. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous les poser en commentaires 🙂 

 

%d blogueurs aiment cette page :