Situé à l’ouest du département des Pyrénées-Atlantiques, le Pays basque est un petit bout de terre historique aux traditions bien ancrées et à la nature préservée… Découvrir le Pays basque autrement qu’en arpentant son littoral fréquenté, en se rendant dans les montagnes de l’arrière-pays, c’est l’assurance de rester bouche bée face à des paysages d’une grande beauté. A la mi-septembre, quand les couleurs d’automne commençaient déjà à poindre le bout de leur nez, nous avons mis le cap à l’ouest pour un séjour nature au coeur du Pays basque.

Un séjour nature au Pays basque, côté montagnes

Pour notre toute première fois au Pays basque, nous avons donc fait le choix de zapper la côte car nous avions envie de découvrir des coins plus secrets et reculés. Les montagnes de l’arrière-pays situées dans les provinces historiques de la Basse-Navarre et de la Soule répondaient à ce besoin de dépaysement et de nature sauvage. Contrairement à nos habitudes de voyage, nous n’avons pas fait d’itinéraire en boucle mais avons privilégié un circuit en étoile avec comme point de chute le charmant village de Saint-Jean-Pied-de Port, dernière étape française du chemin de Saint-Jacques Compostelle. Entre les montagnes verdoyantes survolées par les vautours fauves, les hauts plateaux où paissent brebis, vaches et chevaux, l’immense forêt d’Iraty et ses hêtres majestueux, notre quête de beaux paysages a été comblée tous les jours.

>> Trouver un hébergement à Saint-Jean-Pied de Port

Randonner au Pays basque : idées de balades dans les montagnes de l’arrière-pays

Des forêts denses aux vastes pâturages d’altitude, en passant par les canyons étroits et les crêtes nimbées de brouillard, les montagnes du Pays basque disposent d’un large éventail de sentiers de randonnée dans des environnements variés. Au cours de notre petite semaine au Pays basque, nous avons marché au milieu de cette nature préservée.

La passerelle d’Holzarté | Au-dessus du canyon d’Olhadubi

En s’enfonçant toujours plus à l’est et au sud du Pays basque, on finit par entrer dans la Haute-Soule, là où les monts arrondis ont laisser place aux sommets qui dépassent allègrement les 1000 mètres d’altitude. C’est justement dans cette vallée sauvage constituée de forêts et de canyons que l’on a effectué l’une des randonnées les plus connues du Pays basque, celle des gorges d’Holzarté menant à la passerelle du même nom. La passerelle d’Holzarté a été érigée au-dessus des gorges d’Olhadubi en 1920 pour faciliter le transport des hêtres fraîchement abattus jusque dans la vallée. Aujourd’hui c’est un sentier aménagé le long du ruisseau d’Holzarté qui permet aux promeneurs d’accéder en moins d’une heure à la passerelle suspendue à 180 mètres au dessus du vide.

Après nous être garés sur le parking de l’auberge du Logibar à 8 kilomètres de la commune de Larrau, nous entamons la randonnée en progressant dans le sous-bois de hêtres bordé par le ruisseau à droite et une petite cascade à gauche. On est seulement mi-septembre mais certains feuillages ont déjà revêtu leurs belles couleurs automnales.

La petite mise en jambe passée, le chemin devient plus raide et nous fait évoluer sur des grosses pierres qui sur le chemin du retour s’avéreront très glissantes à cause de la pluie… Alors que nous évoluions à l’ombre, le soleil nous aveugle à présent et la chaleur se fait accablante. Nous avons bien grimpé puisque le ruisseau est maintenant situé en contre-bas. Encore quelques pas dans un nouveau sous-bois et l’on parvient enfin à distinguer les gorges d’Holzarté et la passerelle au loin. Moins de 5 minutes et nous voilà face à cet édifice impressionnant qui culmine à 180 mètres au dessus du canyon.

Même s’il fait encore beau, le ciel se couvre de plus en plus alors nous décidons de faire le chemin en sens inverse. Nous avons eu le nez fin puisqu’un énorme orage éclatera à notre arrivée sur le parking. Sachez toutefois que depuis la passerelle, il est possible de réaliser une boucle autour des gorges. Comptez alors 5 heures de marche aller-retour depuis le parking du Logibar.

Randonner jusqu’à la passerelle d’Holzarté | Informations pratiques
🚶 Topo rando :  4,6kms   1h30   +260m
🚗 Accès : De Mauléon-Licharre, prendre la D918 et passer à Tardets Sorhulus, puis à Licq-Atherey. Continuer en direction de Larrau. Le point de départ de la randonnée est situé avant Larrau. Prendre la première à gauche après l’auberge Logibar, et se garer au petit parking de l’usine hydraulique.
📓 Télécharger la fiche rando

Les gorges de Kakuetta | Dans l’antre du canyon

La randonnée des gorges de Kakuetta est peut-être aussi connue, voire plus que celle de la passerelle d’Holzarté. Ici on ne surplombe pas le canyon comme à Holzarté mais on frôle ses parois étroites et humides sur un sentier aménagé de 2 kilomètres de long. Dans ce décor digne de Jurassic Park, les eaux tumultueuses ont raviné la montagne pendant des milliers d’années tout en se frayant un chemin au milieu d’une végétation luxuriante. Le parcours est ponctué de merveilles naturelles comme une grotte et une impressionnante chute d’eau. Les passerelles qui enjambent le ruisseau ajoutent un côté ludique à la balade, d’où la popularité du site, en été notamment.

Pour des questions de praticité, nous avons effectué la randonnée des gorges d’Holzarté le matin puis celle des gorges de Kakuetta l’après-midi, les deux étant distantes de seulement 18 minutes en voiture. Un élément inattendu – la pluie – s’étant toutefois invité au cours de la journée, nous n’avons pu débuter la randonnée des gorges de Kakuetta qu’en fin d’après-midi. A cause de l’intensité de l’averse, les eaux d’ordinaire bleu turquoise du canyon se sont transformées en une espèce de torrent boueux… Pour éviter de subir la même déconvenue, nous vous conseillons de consulter la météo avant de venir et de vous assurer qu’il n’ait pas plu les jours précédents. Pensez aussi à vous équiper de bonnes chaussures de marche car le sentier est très glissant.

Randonner dans les gorges de Kakuetta | Informations pratiques
🚶 Topo rando :  4,4kms   2h   +361m
🕑 Horaires et tarifs : Sainte-Engrâce
🚗 Accès : De Mauléon-Licharre, prendre la D918 et passer à Tardets Sorhulus, puis à Licq-Atherey. Continuer en direction de Sainte-Engrâce. Passer le barrage puis se garer sur le parking des gorges. Le point de départ de la randonnée est situé à 2 minutes à pied du parking.

Urkulu | A l’assaut de la tour romaine

Il y a très longtemps, des groupements de population parmi lesquels les Romains se sont établis dans les montagnes du Pays basque. Il ne reste guère plus que des bergers et leurs familles pour habiter encore dans cet environnement reculé où paissent les brebis dont le lait sert à la fabrication de l’Ossau Iraty, le fromage emblématique du Pays basque. Néanmoins il reste encore des traces des vestiges de cette présence humaine un peu partout autour du vallon d’Egurgi, entre la France et l’Espagne. Initialement nous avions prévu de randonner sur la montagne Ocabé afin de débusquer les cromlechs d’Ocabé, des cercles de pierres levées par les hommes entre 1000 et 5000 ans avant notre ère. C’est là que se trouve la plus grande nécropole du Pays basque avec 17 cromlechs.

La météo n’étant pas au beau fixe, nous nous sommes rabattus sur une balade menant à un autre vestige archéologique : la tour d’Urkulu. Perchée à 1420 mètres d’altitude, la tour a été édifiée par les Romains pour célébrer leur victoire sur un peuple autochtone du Pays basque en 28 avant JC. L’emplacement n’a pas été choisi au hasard puisque la montagne d’Urkulu se trouve sur une ancienne route primitive romaine.

De nos jours, seule la base de la tour est toujours debout mais le panorama au sommet de la montagne est parait-il à couper le souffle. C’est donc enthousiastes que l’on débute la marche en douceur avec pour uniques compagnons quelques brebis manechs. Malheureusement à mesure que nous progressons sur la lande déchiquetée, le ciel se voile progressivement et le brouillard finit par nous obstruer la vue. Le balisage est de plus en plus difficile à repérer mais nous parvenons tant bien que mal à atteindre le sommet d’Urkulu. La brume redouble d’intensité et nous n’avons pas d’autre choix que de redescendre, bien aidés par les cloches des brebis qui mangent en contre-bas.

Le brouillard se dégage enfin partiellement et les rayons du soleil parviennent à percer l’épais voile nuageux au moment même où un berger arrive dans sa Jeep sur la colline. Lui et son patou regroupent avant la tombée de la nuit les bêtes qui ne forment plus qu’une seule masse blanche et noire. Dans un rituel immuable, les brebis reviendront le lendemain matin brouter sur ces pâturages… contribuant ainsi au maintien du pastoralisme dans la région et à la production de lait permettant la fabrication de l’Ossau-Iraty.

Randonner jusqu’à la tour d’Urkulu | Informations pratiques
🚶 Topo rando :  4kms    1h20    +180m
🚗 Accès : au départ de Saint Jean Pied de Port prendre la D428, entre la route d’Arnéguy et celle de Saint-Michel. Rouler environ 45 minutes, puis s’arrêter au parking du col d’Arnostéguy. La tour se trouve en face du parking.
📓 Télécharger la fiche rando

______________________

Sur la route des plus beaux villages du Pays basque français

Nous ne pouvions pas venir au Pays basque sans faire une halte dans ses petits villages typiques dont certains sont classés parmi les Plus beaux villages de France. Dans l’intérieur des terres, la ville fortifiée de Saint-Jean-Pied-de-Port et la bourgade de Saint-Etienne-de-Baïgorry sont nichées dans un cadre d’exception au pied des montagnes de la Basse-Navarre. Capitale du pays de Cize, Saint-Jean-Pied-de-Port est assez touristique même en basse saison, le village étant situé sur le tracé du GR10 et du GR65 et du fameux chemin de Saint-Jacques de Compostelle. A quelques kilomètres de là, le charme discret de Saint-Etienne-de-Baïgorry et de son beau pont romain mérite un détour avant de prendre la route pour la vallée des Aldudes où sont élevés les porcs basques.

Plus à l’ouest, en se rapprochant de la côte basque, la province du Labourd essaime son lot de villages typiques de l’architecture labourdine : Sare, Aïnhoa, Ustariz, Urrugne, Saint-Pée sur Nivelle, Cambo les Bains, la Bastide-Clairence, Itxassou et bien sûr Espelette et son piment AOP… Bâties dans le respect de la plus pure tradition basque, les maisons appelées « etxea » sont orientées vers l’est et tournent ainsi le dos à l’océan Atlantique. Elles sont caractérisées par des façades blanches aux volets rouges ou verts et par un toit à double pente.


Ainsi s’achève cette virée dans un Pays basque un peu moins connu ! Et vous, connaissez-vous les montagnes du Pays basque ?

%d blogueurs aiment cette page :