Une randonnée en raquettes dans le paradis blanc de Joffre Lakes, en Colombie-Britannique

Bordée par l’océan Pacifique, la Colombie-Britannique est la province la plus à l’ouest du Canada. Son relief montagneux en fait l’une des régions les plus hautes d’Amérique du Nord, entre la Chaîne Côtière à l’ouest et les Rocheuses qui marquent la frontière avec l’Alberta à l’est. Ses 6000 îles, ses lacs, ses fjords, ses forêts et ses autres ressources sont pour la plupart inexploités, bref sa nature est préservée.

C’est dans cette superbe province que l’on vivait il y a un encore un an, et plus précisément à Vancouver,  la plus grande ville de Colombie-Britannique, dans le cadre de notre PVT au Canada.

A Vancouver comme partout dans le pays, dès les premières neiges, les habitants chaussent leurs skis ou leurs raquettes pour profiter des délices des sports d’hiver. Et c’est justement en randonnée dans la neige qu’on vous emmène découvrir les superbes lacs de Joffre Provincial Park, à quelques heures au nord de Vancouver.

Le parc provincial de Joffre Lakes est situé à une heure de route de Whistler, la ville qui a accueilli les JO d’Hiver 2010. Ce parc est un véritable petit bijou qui ravira les amateurs de grand air. Imaginez donc : en été, ses lacs alpins à la couleur émeraude attirent touristes et locaux en grand nombre. Les plus courageux peuvent se baigner dans ses eaux froides, tandis que l’hiver, les randonneurs chaussent leurs raquettes pour découvrir les lacs gelés et les arbres couverts d’un beau manteau tout blanc. Le lieu est aussi prisé des skieurs et des grimpeurs sur glace. Anecdote amusante, les chiens sont les bienvenus sur le trail, comme dans de nombreux autres parcs de Colombie-Britannique.

Un glacier à l’origine de la formation du Joffre Lakes Provincial Park

Les lacs de Joffre sont au nombre de trois et doivent leur nom à un certain Joseph Joffre, commandant en chef des armées françaises de la Première Guerre mondiale et plus connu sous le nom de Maréchal Joffre. Les lacs sont relativement faciles d’accès comparés aux autres lacs alpins de la région. En effet, la plupart sont situés en altitude et il faut souvent plusieurs heures de randonnée intensive pour y accéder. Comme on n’était pas familiers des raquettes, on s’est dit qu’il valait mieux y aller doucement pour une première fois.

Les lacs ont été nommés simplement Lower, Middle et Upper, soit respectivement lac inférieur, lac du milieu et lac supérieur. L’eau des lacs est alimentée par le glacier Matier qui se situe au niveau du 3ème lac. A la belle saison, l’éclat turquoise de l’eau des lacs est du à un phénomène naturel : la lumière se réfléchit sur les particules en suspension dans l’eau provenant de la vase du glacier. Ledit glacier est visible à partir du second lac.

Quelque soit la saison, chaque lac est magnifique en lui-même et invite à la contemplation, encore plus par beau temps lorsque les rayons du soleil percent à travers les conifères. L’hiver apporte toutefois avec lui ce sentiment d’isolement et de sérénité, c’est pourquoi on a vraiment adoré ce superbe trail.

Une randonnée d’intensité modérée

Avoir des raquettes aux pieds est un poids supplémentaire non négligeable et il faut quelques minutes d’adaptation pour marcher correctement avec si on n’en a pas porté depuis longtemps voire jamais. Du coup, on progresse à un rythme plus lent que lorsque l’on randonne normalement.

Il faut parcourir 5 kilomètres pour atteindre le dernier lac depuis le point de départ. Les lacs sont tous situés à un niveau différent, le suivant étant toujours plus haut que le précédent. Le premier lac n’est qu’une formalité, il se situe à moins de 5 minutes du parking et honnêtement on ne pensait pas le voir si tôt. Il n’y a aucun dénivelé entre le parking et le lac, l’occasion de s’habituer à marcher avec nos encombrantes raquettes.

 

 

Le chemin d’accès au second lac est plus rapide que celui que l’on emprunte en été. Nul besoin de contourner le lac puisqu’on peut marcher directement dessus. Attention toutefois à s’assurer que la couche de glace soit suffisamment épaisse. Car en cas de problème, les secours mettront beaucoup de temps à arriver. En effet, ici, on n’est pas dans un parc national mais dans un parc provincial. Du coup, les effectifs sont réduits voire nuls et il n’y a pas de rangers pour assurer la sécurité des visiteurs. On vous conseille donc de faire comme nous et de partir avec un petit groupe et non pas seuls. Car on ne sait jamais ce qu’il peut arriver en montagne. Le temps change très vite et la fatigue se fait sentir plus rapidement.

Après avoir traversé le premier lac, on débute ensuite une lente ascension (environ 400 mètres de dénivelé) qui nous fait passer par la forêt de conifères puis dans une clairière gelée. On longe des formations rocheuses couvertes de neige avant d’atteindre les rives du second lac. En chemin, on peut admirer le pic de Joffre qui culmine à 2721 mètres.

 

Un bonne grosse demie-heure plus tard, on atteint le second lac qui se révèle être le plus petit des trois (il est quand même très grand). Le glacier de Matier est désormais bien visible. Arrivés là, le plus dur a été fait et il n’y aura presque plus de dénivelé jusqu’à la fin. On en profite tout de même pour se reposer un peu et manger un morceau puisque ça fait un long moment que l’on a avalé notre petit-déjeuner. C’est aussi l’occasion de s’hydrater car même s’il fait froid, on a fournit un effort important et il faut boire.

 

Après une petite pause salvatrice, on sait que le troisième et dernier lac n’est plus très loin. D’ailleurs, les deux derniers lacs sont plus près l’un de l’autre que ne l’est le premier de celui du Milieu. Alors que l’on est près du but, on tombe sur une cascade pas tout à fait gelée, dont l’eau provient directement du glacier. Un petit moineau chanteur est là pour nous accueillir.

 

Et voilà qu’on y est : le lac supérieur apparaît enfin. C’est le plus grand de tous. Sa forme en U permet d’apprécier le glacier qui nous fait face de toute sa splendeur. Même pas 50 mètres de plus et on peut se retrouver à ses pieds, ce qui est évidemment impossible en été.

Le soleil emplit de ses rayons la vallée glacée et le silence qui y règne est apaisant. Une expérience vraiment saisissante. On choisit toutefois de ne pas s’approcher trop près de la montagne car il y a déjà eu des avalanches dans le secteur par le passé. Prudence donc.

Le temps d’admirer de longues minutes la vallée enneigée et de se reposer une dernière fois, il est ensuite l’heure de rebrousser chemin. Le sentier du retour est ponctué de points de vue sur les montagnes de Squamish-Lillooet. On arrivera au parking pile pour l’heure du déjeuner, après une matinée bien remplie.

Informations pratiques & conseils

Adresse

Duffey Lake Rd, Mount Currie, BC V0N 2K0, Canada

Accès

Il n’y a pas de liaison en transports en commun entre Vancouver/Whistler et Joffre Lakes.

En voiture, bien s’assurer des conditions météorologiques avant de faire prendre son véhicule au cas où des chaines seraient nécessaires. Depuis Vancouver ou Whistler, emprunter l’autoroute 99, la fameuse Sea to Sky Highway en direction de Pemberton, la ville la plus proche. Une fois à Pemberton, passer les feux de signalisatioln et se diriger vers la ville de Mt. Currie. Tourner à droite à l’intersection indiquant Lillooet et emprunter la route en lacets, juste après le lac de  Lillooet. A environ 21 kms de l’intersection de Mt. Currie, repérer les panneaux indiquant le parking de Joffre Lakes. Le début du trail se situe au bout du parking.

Si vous ne possédez pas de véhicule, plusieurs solutions sont envisageables :

  • Le covoiturage : le service plus utilisé à Vancouver est Pop, anciennement HitchPlanet
  • La location de voiture : les loueurs les plus connus se trouvent dans Downtown Vancouver et certains ont même quelques agences ailleurs dans la ville et à Burnaby (banlieue est de Vancouver). Nombre d’entre eux ont aussi une succursale à l’aéroport de Vancouver. Si vous choisissez cette dernière option, les tarifs seront plus avantageux mais le temps de trajet forcément plus loin, vu qu’il faut environ une demie-heure pour atteindre le Lions Gate Bridge depuis l’aéroport.

Saison

On peut randonner en raquettes l’hiver à partir des mois d’octobre/novembre et jusqu’en mai/juin, en fonction de la quantité de neige restante. Si la neige n’a pas encore fondu mais qu’il en reste trop pour randonner sans les raquettes, alors des crampons pourront être utilisés. A noter que si l’on est sur place tôt le matin, le soleil n’éclaire pas encore le côté de la montagne. Vous serez donc dans l’ombre la majeure partie de la randonnée. Heureusement, arrivés au troisième lac, le soleil réchauffe un peu.

Durée

Nous vous recommandons de vous y rendre en début de matinée ; premièrement, car il y a de la route depuis Vancouver et aussi car c’est une randonnée fréquentée, même s’il y a beaucoup moins de monde en hiver qu’en été. De plus, en hiver la nuit tombe tôt, ce qui est à prendre en compte pour le chemin du retour jusqu’au parking mais aussi pour la route jusqu’à Vancouver ou Whistler. Il faut environ 4 heures pour effectuer les 10 kms aller/retour.

Equipement

Si vous possédez des chaussures de randonnéP1320918.jpge waterproof, n’hésitez pas à les prendre. Malheureusement, les chaussures qui ne le sont pas seront rapidement mouillés. Des raquettes sont bien évidemment indispensables. Elles peuvent être louées dans divers magasins, notamment chez MEC (au 130 W Broadway à Vancouver). Des bâtons de ski sont aussi fortement préconisés car ils aident à répartir l’effort lors de la montée et à soulager la pression exercée sur les genoux dans la descente. Enfin, des habits chauds et respirants sont de mise ; les vêtements utilisés pour skier feront l’affaire.

Camping

Il est possible de camper toute l’année aux Joffre Lakes. Toutefois, on ne vous conseille pas de prendre ce risque l’hiver, à moins d’être très bien équipés et d’avoir déjà une expérience en la matière, sachant qu’il y a toujours des risques d’avalanche en raison de la quantité impressionnante de neige qui tombe ici dès l’automne.

L’été, il est possible de poser sa tente sur l’un des 24 emplacements de camping situés le long de la rive nord du 3ème lac. Aucune infrastructure n’existe mis à part des toilettes rudimentaires. Le lieu est néanmoins très beau avec les torrents de la cascade jaillissant du glacier.

Le tarif de 5$ la nuit par emplacement peut être réglé en ligne sur le site de BC Parks ou bien en déposant l’argent dans une enveloppe que l’on glisse dans la boite aux lettres au début du trail.

Il n’y a pas de poubelles sur place et les feux de camp sont interdits quelle que soit la saison pour éviter un départ de feu qui détruirait les conifères facilement inflammables, et qui pourtant mettent si longtemps à pousser dans cet environnement hostile.

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4 Commentaires

  1. Bonjour! Pour l’instant on n’a fait que 2 heures en raquettes mais 4 ça peut devenir un nouveau challenge! Très sympa cette photo du moineau!

    1. Salut Aurélie et merci pour ton message. Honnêtement, 4 heures ce n’est pas aussi long que ça n’y parait. La diversité des paysages est telle qu’on a toujours envie de continuer pour découvrir le lac suivant, c’est vraiment sympa. Et pour peu qu’on ait une bonne condition physique, ce type de rando est accessible à tous 😉

  2. Je suis fan de ton écriture et encore plus de tes photos ! 🙈❤

    1. Merci beaucoup Chloé 🙂

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